Lydienne Yen-Eyoum a été libérée

Libérée: Lydienne Eyoum

Détenue au Cameroun depuis 2010, Lydienne Yen-Eyoum a été libérée.
Le président camerounais Paul Biya a annoncé dans la soirée de lundi 4 juillet qu’il accordait une « remise totale de la peine restante à purger » à l’avocate française d’origine camerounaise Lydienne Yen-Eyoum. « C’est magique. Elle est en train de sortir de prison, là », a réagi son avocate parisienne, Caroline Wassermann, jointe par l’Agence France-Presse. Elle a passé près de six ans en détention pour détournement de fonds publics.

Libérée: Lydienne Eyoum
Libérée: Lydienne Eyoum

Née en 1959, Mme Yen-Eyoum avait été arrêtée en janvier 2010, puis condamnée à vingt-cinq ans d’emprisonnement à la fin de 2014 par le tribunal criminel spécial du pays. Cette juridiction, spécialisée dans la répression de la grande corruption, l’avait reconnue coupable du détournement de 1,077 milliard de de francs CFA de fonds publics, l’équivalent de 1,5 million d’euros. Le 9 juin 2015, la peine avait été confirmée par la Cour suprême, le dernier niveau de juridiction du Cameroun.

Le Cameroun a lancé en 2006 une opération de lutte contre la corruption, baptisée « Epervier », dans le cadre de laquelle plusieurs personnalités ont déjà été arrêtées et condamnées à de lourdes peines pour la plupart.

Toujours clamé son innocence

L’affaire remonte à 2004, lorsque Lydienne Yen-Eyoum avait été chargée par le ministère des finances camerounais de mener une opération de recouvrement auprès de la Société générale de banques du Cameroun (SGBC), filiale franco-camerounaise de la Société générale. Selon ses détracteurs, elle aurait gardé une partie des fonds récupérés. Pour ses avocats, il s’agirait d’honoraires. Lydienne Yen-Eyoum, elle, a toujours clamé son innocence.

En avril 2015, le groupe de travail sur la détention arbitraire du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies avait dénoncé son interpellation et sa « privation de liberté ». Selon une note de ce comité, il n’y aurait pas eu « notification des motifs de l’arrestation » et la détention provisoire avait « dépassé les délais légaux ».
Pressions de Paris

De sources concordantes, la France a exercé d’énormes pressions sur la présidence camerounaise pour obtenir la libération de l’avocate. L’annonce du président Biya est faite quelques jours après le déplacement à Yaoundé du secrétaire d’Etat français au développement, André Vallini, officiellement pour la signature d’un contrat de désendettement.
Le chef de l’Etat français, François Hollande, avait par ailleurs fait une brève allusion à cette affaire lors de son voyage dans la capitale camerounaise il y a un an, jour pour jour. Des pressions similaires avaient déjà abouti à la libération, le 24 février 2014, d’un autre Français d’origine camerounaise, Michel Thierry Atangana, emprisonné durant dix-sept ans pour détournements de fonds publics.

 

Courtesy: Le Monde Afrique

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